Chaque année, en France, on comptabilise près de 10 millions de tonnes de perte alimentaire en additionnant la distribution, la restauration et les foyers (sans compter les pertes liées à la production agricole, à la transformation et au conditionnement des produits).
La lutte contre le gaspillage alimentaire est ainsi au cœur des actions pour aller vers une alimentation plus durable : lutte contre le dérèglement climatique, préservation des ressources naturelles et de la biodiversité, réduction de l’insécurité alimentaire, économies…
Quelques chiffres
Selon une analyse menée par la FAO (Food and Agriculture Organization of the United Nations) le gaspillage alimentaire dans le Monde représente plus d’1,3 milliard de tonnes de nourriture, soit environ 1/3 de la production totale des denrées alimentaires destinées à la consommation humaine.
Dans l’hexagone, les 10 millions de tonnes de nourriture gaspillées chaque année représentent environ 150 kg par personne, soit 400€ perdus par ménage tous les ans.
Pour avoir un ordre de grandeur, il est à noter que :
– 1kg de farine nécessitant 1000 L d’eau pour être produit, une baguette jetée équivaut à une baignoire d’eau pleine
– 1kg de viande nécessitant 15000 L d’eau pour être produit, un rôti de porc jeté équivaut à soixante-dix baignoires pleine
Enjeux écologiques, économiques et sociaux
D’après l’ADEME, l’empreinte carbone annuelle du gaspillage alimentaire serait de près de 15,5 millions de tonnes d’équivalent CO2 par an en France. En parallèle, il est à noter que ce chiffre n’est pas étonnant lorsque l’on sait que l’alimentation représente à elle seule 36% des émissions nationales de gaz à effet de serre.
D’un point de vue économique, en France, ces pertes correspondent à une valeur commerciale estimée à 16 milliards d’euros.
Le gaspillage alimentaire pose également des questions d’éthique sur l’accès à l’alimentation pour les plus démunis (1 français sur 10 a recours à l’aide alimentaire selon le ministère des Affaires sociales).
L’alimentation durable est définie comme des « Régimes alimentaires ayant de faibles conséquences sur l’environnement, qui contribuent à la sécurité alimentaire et nutritionnelle ainsi qu’à une vie saine pour les générations actuelles et futures. Les régimes alimentaires durables contribuent à protéger et à respecter la biodiversité et les écosystèmes, sont culturellement acceptables, économiquement équitables et accessibles, abordables, nutritionnellement sûrs et sains, et permettent d’optimiser les ressources naturelles et humaines. »
– FAO
Pour parvenir à cela, le défi de l’alimentation durable regroupe 3 enjeux environnementaux :
– la lutte contre le gaspillage alimentaire à chaque maillon de la chaîne
– l’évolution des pratiques alimentaires (achats responsables en circuits courts, respect de la saisonnalité, rééquilibrage des régimes alimentaires…)
– le développement d’une chaîne alimentaire durable (réduction des emballages, accroissement de la part de produits issus de l’agriculture biologique et/ou raisonnée…)
Solutions à envisager
Depuis 2013, l’Etat prend des mesures pour lutter contre le gaspillage alimentaire. Une loi a été instaurée à destination des grandes surfaces, les obligeant à faire don des invendus alimentaires encore consommables et leur interdisant de les rendre impropres à la consommation. Un pacte national a également été mis en place avec le ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt. Il comporte diverses mesures visant à diminuer le gaspillage alimentaire chaque année.
A l’échelle individuelle, certaines actions peuvent être menées pour limiter le gaspillage alimentaire :
- Prévoir ses repas et faire des listes de courses pour éviter d’acheter en trop grande quantité
- Ranger son frigo en mettant les produits à dates courtes en évidence
- Utiliser des applications comme TooGoodToGo ou Phénix pour récupérer des invendus alimentaires dans les commerces de proximité
- S’informer sur les produits qui peuvent être consommés sans risque après la date de péremption : conserves, certains surgelés, yaourts natures, fromages, produits d’épicerie…
- Adopter un composteur pour les déchets végétaux
- Demander un doggy bag au restaurant si l’on ne finit pas son assiette
Chaque geste compte alors si vous avez d’autres idées, partagez les en commentaire !
Pour en savoir plus, vous pouvez vous rendre sur le site du gouvernement : https://www.notre-environnement.gouv.fr/actualites/breves/article/comment-reduire-le-gaspillage-de-nourriture


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